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vendredi 31 octobre 2014

Bonjour Patachou



Le disque 25 cm de 1959 (Philips B 76.462 R), à ma connaissance jamais réédité.

Face A :
— Ça t'va bien
— Carmen
— Vous
— Ballade irlandaise ("Un oranger…")
— Gosses de Paris

Face B :
— Entre Pigalle et Blanche (Grand Prix du Concours International de la Chanson Française de Monaco 1958)
— La chose ("Les ratés de la bagatelle")
— Java des repentis
— L'amiral
— Les innocents



Pour de plus amples renseignements sur Patachou, on se reportera à ce billet des camarades de Dans l'herbe tendre.

jeudi 30 octobre 2014

Commencer à s'orienter dans l'archipel des livres, assez n'importe comment mais bon, on tâtonne comme on peut…







Boucler la boucle quatre à quatre



Un court texte du vaillant petit libraire, commande du Tenancier pour la publication ultra-restreinte (sept exemplaires !) d'un bulletin à parution aléatoire intitulé Jockey-Club de l'Apocalypse.
Seule contrainte : 1500 signes maximum.
Dérogation ici dès le premier (et pour l'instant unique) numéro, achevé d'imprimé en décembre 2013, puisque ce récit en compte le double.

En route en août vers le sud, harassé par les cahots de ma deuche et sans un liard en poche, je cherchais ce soir-là un hébergement, le temps d’une halte réparatrice.

Une amie m’avait fourni les coordonnées d’une certaine Ingrid, qui habitait une maisonnette au sud de Pertuis. Vite, d’une cabine téléphonique, j’ai appelé cette inconnue avant que le soir ne tombe ; elle a accepté de m’accueillir pour la nuit et m’a indiqué le chemin à suivre.
Peu avant d’arriver chez elle, j’ai remarqué une curiosité sur la route : un rond-point au centre duquel se dressait, non point une néo-sculpture immonde ou n’importe quoi comme on en voit partout, mais une petite maison traditionnelle, entièrement ceinte d’arbres protecteurs, et une légère fumée sortait du conduit de cheminée.

Comment diable quel taré avait pu avoir l’idée tordue de s’installer là ?

Ingrid avait préparé un délicieux repas. Nous dînions dehors sous un cerisier, et à un moment je lui ai demandé si elle connaissait la raison de cette aberration du rond-point. Son regard s’est fait songeur…

« Il s’appelle Roger. Je le connais bien parce qu’il me prenait souvent en stop, quand j’allais bosser à Pertuis, voici deux ans. À l’époque, le rond-point n’existait pas : sa maison se trouvait juste au croisement de deux petites routes. Et puis à force de me prendre en stop… go !, il m’a prise tout court… à moi ça m’a bien plu mais pas du tout à sa femme, qui s’est trissée fissa avec leurs deux gamins.

Moi, pour Roger, je n’étais qu’une passade : c’était sa femme qu’il aimait, mais elle n’a plus jamais voulu rien savoir de lui. Il s’est mis à déprimer sec, et à boire encore plus sec, au point qu’il s’est bientôt fait virer de son boulot.

Ça faisait déjà un moment qu’on avait cessé de fricoter (depuis le départ de sa femme, en fait, et puis entre-temps j’avais récupéré une bagnole) mais on se voyait tout de même de temps à autre : je m’arrêtais parfois lui faire un petit bonjour.

Et j’y étais, ce matin-là, quand les gars de la DDE sont venus sonner et lui ont expliqué que la modification du tracé routier allait amener sa maison pile-poil au centre du rond-point nouvellement décidé : à lui de choisir s’il voulait demeurer là ou bien déménager contre dédommagement… Son litron de Ricard, j’en avais bu un petit verre mais la bouteille était déjà vide à 11h30.

Après leur départ, il s’en est fallu de peu qu’il ne s’effondre en larmes — et c’est la toute dernière fois qu’on s’est embrassés.
Au final, Roger a décidé de rester. La DDE resserrait le rond-point autour de sa maison et lui-même s’arsouillait de plus en plus. Il a planté quelques arbres tout autour de sa baraque, tout de même : à peine s’il peut sortir sa voiture du garage !

Et puis lundi dernier, j’ai appris qu’il était gagné par un cancer généralisé… »

Le lendemain, je suis repassé devant (ou plutôt, autour) de la maison où Roger se mourait, et je me suis dit que tandis que je me baladais tranquille en deux-chevaux, lui il avait été terrassé par quatre fléaux…

mercredi 29 octobre 2014

Cap Canaveral



Lecture intégrale, sans aperçu préalable, de ce court récit de Grégoire Bouillier paru chez Allia en 2008, façonné en phrases hachées pour la plupart extrêmement brèves.
Pas pour toutes les oreilles.

Pas sûr de bien comprendre le sens du titre, soit dit en passant.

samedi 25 octobre 2014

« Rencontres » (retrouvailles) :
«  des forces sont en alerte  »



Douze plages de bonheur : l'alboume Rencontres de Marc Ogeret sorti en 1972 (Vogue SLD 839) et apparemment jamais réédité depuis, allez savoir pourquoi.
Je ne l'avais pas écouté depuis des années mais Claude Guillon m'a opportunément rappelé avant-hier qu'y figurait une version de When Johnny Comes Marching Home, dans une adaptation de Luc Bérimont.
Celui-ci signe les paroles de deux autres chansons sur cet alboume — les deux premières, Galice et J'ai rencontré la cinquantaine — ainsi qu'un émouvant texte reproduit en pochette intérieure, extrait d'une lettre manuscrite à Marc Ogeret :

Cher Marc,

[…] l'existence devrait être une fête : joie d'écrire, de chanter, de bouger. J'écris. Tu chantes. C'est la même chose. La vie m'est plus présente quand je t'entends chanter. C'est donc que tu chantes bien pour moi, pour mes oreilles et pour mon cœur, comme pour les milliers de personnes à qui, physiquement, tu apportes connaissance et plaisir.
Une sincérité, une authenticité, sont en toi. Elles font que le courant passe, que des forces sont en alerte.
Depuis plus de dix ans, je te regarde faire ton métier avec une précision, une relaxation, exemplaires. Parfois, tu as l'air de flâner. C'est faux. Simplement, tu es assuré d'avoir le temps pour toi, avec toi. Tu te ranges pour laisser passer les affairés du "tube", les champions du "hit-parade" — prompts à s'écraser sur l'obstacle. Toi, tu ne fais commerce de rien. Tu te contentes de chanter. En somme, tu es un individu fréquentable dans un milieu qui n'en compte pas beaucoup. Il ne convient pas de t'en féliciter — tu es comme ça, un point c'est tout. C'est pourtant cette façon d'être qui fait que tu es toi. Qui fait que je suis ton complice — dans l'amitié de ce qui nous est cher.

Face A
1 — Galice (Rosalia de Castro - Luc Bérimont — José Niza)
2 — J'ai rencontré la cinquantaine (Luc Bérimont - Lise Médini)
3 — Protestation (Jean l'Anselme - Michel Aubert)
4 — Ainsi Prague (Louis Aragon - Hélène Martin)
5 — La grille (Jean-Max Brua - Jean-François Gael)
6 — Johnny (Trad. - Arr. Michel Villard - Adapt. L. Bérimont)

Face B
1 — Le feu (Louis Aragon - Hélène Martin)
2 — Il faisait si beau ce matin (Louis Aragon - Jean-Paul Marchand)
3 — Passe-moi ma guitare (Michel Bazire)
4 — La forêt (Pierre Champion - Hélène Martin)
5 — Paris ma rose (Henri Gougaud)
6 — Général à vendre (Francis Blanche - Pierre Philippe)

vendredi 24 octobre 2014

On déballe tout ou on se déballonne ? (21)



« J'enrageais ! » (Caussimon)



L'intégrale du CD qui accompagne les mémoires de Caussimon parus au Castor Astral à la fin du siècle dernier, La Double Vie. Que des versions jamais éditées jusque là, interprétées par Caussimon lui-même mais aussi d'autres pointures (dont, gaspe, Maurice Chevalier !)

L'antépénultième morceau — cette merveille de Paris-jadis chantée en duo par Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle — a déjà fait l'objet de deux billets ici-même : en août 2009 et en février 2013.

mercredi 22 octobre 2014

Variations sur un thème entêtant



La version des Clash de When Johnny Comes Marching Home



… chanson écrite par Patrick Gilmore, soldat de l'Union lors de la Guerre de Sécession pour célébrer la joie du retour au foyer après les combats…



… sur la musique d'une chanson irlandaise franchement antimilitariste, elle, datant du début du XIXe, Johnny, I Hardly Knew Ya*, ici dans l'interprétation des Dropkick Murphys :



Plus de deux semaines que cet air — une musique de film, pour sûr ! — me trottait en tête sans que je parvinsse à l'identifier, pas plus que toutes les connaissances à qui je le sifflotais plein d'espoir, jusqu'à ce que déboule tout à l'heure ce cher M. Briquet qui repère illico la musique de Docteur Folamour, dont la B. O. de Laurie Johnson consiste effectivement en une suite de variations sur ce thème.

La fiche Ouiquipédia de la chanson, bien fournie, précise qu'elle a servi dans nombre d'autres films et propose un enregistrement de 1898, interprété par John Terrell :


Ouf, enfin un problème de réglé !

Bonus : la version des Béru sur Macadam Massacre :


(Deux jours plus tard…) Note du 24 octobre :
Grâce à l'ami Claude Guillon qui me l'a opportunément rappelée hier, j'ai retrouvé la belle version chantée par Marc Ogeret en 1972 sur le rare alboume Rencontres (Vogue, SLD 839) — texte adapté en français par le poète Luc Bérimont.
Je suis vraiment un abruti complet puisque ce vinyle est à portée de ma main depuis des années !
Du coup, j'ai tout numérisé et je vais balancer ici-même cette splendeur sous peu …



* Le texte de cette version originale :

When on the road to sweet Athy,
Hurroo Hurroo
When on the road to sweet Athy,
Hurroo Hurroo
When on the road to sweet Athy,
A stick in the hand, a drop in the eye
A doleful damsel I did cry
Johnny I hardly knew ya

Where are the eyes that looked so mild,
Hurroo Hurroo
Where are the eyes that looked so mild,
Hurroo Hurroo
Where are the eyes that looked so mild,
When my poor heart you first beguiled
Why did ya from me and the child
Johnny I hardly knew ya

Chorus:
We had guns and drums and drums and guns,
Hurroo Hurroo
We had guns and drums and drums and guns,
Hurroo Hurroo
We had guns and drums and drums and guns
The enemy never slew ya
Johnny I hardly knew ya

Where are the legs with which you run,
Hurroo Hurroo
Where are the legs with which you run,
Hurroo Hurroo
Where are the legs with which you run,
When first you went to carry a gun
Indeed your dancing days are done
Johnny I hardly knew ya

Chorus

You hadn't an arm, you hadn't a leg,
Hurroo Hurroo
You hadn't an arm, you hadn't a leg,
Hurroo Hurroo
You hadn't an arm, you hadn't a leg,
You're a spineless, boneless, chickenless egg
You'll have to be put with the bowl to beg
Johnny I hardly knew ya

Chorus

I'm happy for to see ya home,
Hurroo Hurroo
I'm happy for to see ya home,
Hurroo Hurroo
I'm happy for to see ya home,
From the isle of Ceylon
Johnny I hardly knew ya

Chorus

samedi 18 octobre 2014

On déballe tout ou on se déballonne ? (19)





Bon, je me suis encore gouré — et sans doute pas qu'une fois.

L'adolescence, c'est pas le rire de l'enfance, selon Brel : ce qu'il explique juste après, c'est
Et le mur du silence
Un matin se brisa…


Et le fanzine, c'était pas Melmoth, apparemment, mais Le Chat Murr

vendredi 17 octobre 2014

On déballe tout ou on se déballonne ? (18)





« Les confidences des fous, je passerais ma vie à les provoquer »
André Breton, Manifeste du surréalisme (1924)

samedi 4 octobre 2014

Arthur est mort



Les amis indéfectibles, il nous semble évident qu'ils seront toujours là, impensable qu'ils disparaissent à jamais.
Triste erreur, hélas.

L'un des plus fins esprits de note triste époque, Arthur, correcteur, écrivain, traducteur, éditeur à fonds perdus, présenté dans la correspondance de Debord comme « ex-vandaliste de Bordeaux en 1968 », grand buveur devant un éternel dont il se contrefichait, et qui usait toujours de pseudonymes évoquant des grands crus (Alexis Chassagne / Gaston Montracher pour La fin du travail, chez Stock en 1978, Jean-Paul Musigny pour La révolution mise à mort par ses célébrateurs, même, chez Nautilus, ou encore Adèle Zwicker pour ses traductions à L'Insomniaque — notamment celle de la biographie de Traven par Rolf Recknagel, Insaisissable), Arthur, donc, s'est éteint cette semaine, sans doute jeudi, à Marseille.

Quelle saloperie, décidément, cette fin 2014 !

******

Communiqué du journal CQFD, chez qui il œuvrait comme correcteur, mercredi 8 octobre au matin :

Il est mort le poète.
L'enterrement d'Arthur aura lieu [à Marseille] au cimetière St-Pierre le vendredi 10 octobre.
Le recueillement se fera à l'institut médico-légal à 9h30 (derrière
l'hôpital de la Timone).
Départ pour le cimetière à 10h, et à 10h30 l'inhumation. 

Il est prévu de faire une déambulation le soir dans les bars de prédilection d'Arthur, en passant par le local de CQFD.


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J'ai retrouvé cette conversation à bâtons rompus, d'un soir où il était venu dîner début avril 2010 (c'est brut de décoffrage, désolé pour le hoquet intempestif et pour ma propension à l'interrompre mal à propos, stupidement — de Breton, par exemple, Nadja a été publié en 1928, L'amour fou en 1937) :



Bien plus intéressant, cet enregistrement mis à disposition par L'Insomniaque, dans lequel Arthur parle d'un des nombreux sujets qu'il connaissait sur le bout des doigts : B. Traven.




Regard d'aigle — doux et d'acier à la fois —, bacchantes et chapeau toujours en alerte…
Merci à
Mille Bâbords pour cette photo récente, et à Claude, évidemment

Chaque janvier, il avait l'attention d'envoyer à ses proches des vœux savamment confectionnés, avec toujours une plaquette imprimée, parfois sous forme numérique.
Voici ceux de cette année (avec un clin d'œil à Patrick Cheval, dont il fut très proche), accompagnés des pages qui suivent, destinées à être imprimées et assemblées par les destinataires :

Salute a tutti

C'est l'année du Cheval qui se pointe demain.

Le meilleur prétexte enfin se pointe de songer à mettre le feu à toutes les écuries (trop d'Augias aujourd'hui pour imaginer pouvoir récurer quoi que ce soit).

En tout cas, si les hasards de l'observatoire de Nankin en ont décidé ainsi, fêtons ce Nouveau Printemps, qui tombe pour notre célébration du brocoli en ce 12 pluviôse, de manière à faire de toutes saisons nos plus beaux châteaux.

Je doute moins que jamais que c'est au larron de faire l'occasion.

Je ne cherche pas d'autre emploi.

Arthur