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mardi 30 décembre 2014

Telles couilles !…


L'ambassadeur catholique Paul Claudel, qui traita publiquement dadaïstes et surréalistes de pédérastes, ne pouvait cependant se retenir de mouiller à la seule idée des organes qu'il les imaginait planquer dans leurs calebards.

À preuve, ce titre tardif qui leur rend indirectement hommage, contrepèterie oblige :


Mais n'oublions pas qu'en poste en Chine durant quatorze ans, de 1895 à 1909, avant de claquemurer sa sœur, il avait largement eu le temps de s'initier aux vertus du thé. Et comme chacun sait, le thé…

Il y a toujours quelque chose d'absent qui me tourmente

L'hovercraft et des lettres
[Euh… pardon : Lovecraft et Derleth !]



Un petit jeu au seuil de l'année 2015, comme au bon vieux temps des Variations existentialistes — cette fois sur le blogue de la Librairie Entropie, grâce aux bons soins de Laurent Duval et d'un magicien surnommé El Chorizo.
Ça a débuté hier comme ça :

Dagon le jeune dauphin
Aime beaucoup ses copains
À face de batraciens
Mais comme ils puent du nez
Il a dû s'éloigner

Moralité :
Leur odeur d'évent l'esseule

Et ça continue ici.

Chauffe, Marcel, chauffe !


Mais que regarde-t-il donc, pour sourire ainsi, ce diable ?
Une émouvante ?

C'était trois ans avant sa disparition : France Culture consacrait un Bon Plaisir à Marcel Mouloudji, avec notamment Willy Ronis pour une balade à Belleville et puis des chansons qu'on n'entend pas souvent.
Émission rediffusée dans la nuit de dimanche à lundi :

samedi 27 décembre 2014

Bras, seins… c'est brêles ferrées !



C'était voici plus de quarante-cinq ans, un jeune gars de Rock & Folk, François-René Cristiani, qu'avait eu l'idée de réunir ces trois-là, le 6 janvier 1969, et puis au dernier moment il y a eu des micros ; personne ne s'en est offusqué mais c'est parti dans tous les sens, pour notre plus grand bonheur (le père Léo monopolise quand même pas mal la parole…)
Attention, certains propos sont susceptibles de heurter les oreilles des féministes.

On remarquera qu'à un moment ça zabrouille dans le trucmure, Léo repart en arrière comme si ça rembobinait dans les bastrimphes (erreur lors du remontage, sans doute) :



Tous trois sont morts depuis des lustres, maintenant, mais pas ceux qui ont immortalisé la chose, et qui la racontent dans un documentaire tourné en 2008 et récemment rediffusé à la téloche sur une chaîne qui n'existait pas à l'époque (s'il n'est pas visible ici, cliquez donc ) :

samedi 20 décembre 2014

— « Enfin, disons le mot : vous avez été antisémite !
— Exactement dans la mesure […] J'ai été aussi formel que Louis XIV : il avait des raisons aussi, pour… »



8 juillet 1957. Albert Zbinden, journaliste à la Radio Suisse Romande, s'entretient à Meudon avec Louis-Ferdinand Céline, qui vient de publier D'un château l'autre.
Cet éternel désargenté, matois et roublard comme pas deux, « victime de la plus grande chasse à courre qu'on ait organisée dans l'Histoire », le reçoit dans l'espoir d'un peu de publicité (et de retombées financières…)
Cet entretien sera diffusé le 25 juillet 1957 sur les ondes de la RSR.

Édifiant.

« Les causes de la guerre, que j'ai attribuées à certaine sec… section, n'est-ce pas, bah, pfff […]
Et alors, peut-être que j'ai accroché une… secte qui n'était pas si déméritante qu'on l'… que j'l'ai dit, peut-être, mais c'est à, euh… la preuve est à faire, elle se f'ra par l'Histoire, n'est-ce pas… »



D'autres entretiens avec Céline sont disponibles ici.

vendredi 19 décembre 2014

Toutes ces dames au salon
(Mouloudji chante Dimey, vol. 2)



Le billet précédent, entièrement dû à l'ami Perrache, m'a opportunément rappelé que Mouloudji a chanté une deuxième fois Dimey, sur cet album des années soixante (Disques Mouloudji, EM 13530), ici dans sa réédition de 1978 (Disques AZ, BAM 5927) et récupéré derechef grâce à l'indispensable Melocoton, du forum Muzika.fr.

Le neuvième morceau, notamment, chanté par Clo Vanesco, est une merveille (enfin, à mon sens…)



Remercions Martin de nous avoir précisé en commentaire les interprètes et compositeurs pour chacun des titres :

1. Toutes ces dames au salon (Renée Passeur, musique : Francis Lai)
2. Comment va-t’on ce soir (Bernard Dimey)
3. Les michetons (Nicole Christa, musique : J. Bertola)
4. Les plafonds (Rosalie Dubois, musique : G. Wagenheim)
5. C’est dommage que tu sois si con (Mouloudji, musique : H. Salvador)
6. Tout ça reste entre nous (Renée Passeur, musique : H. Salvador)
7. Le pied (Rosalie Dubois, musique : H. Salvador))
8. Le troufion (Bernard Dimey)
9. Barbara Strip (Clo Vanesco, musique : G. Wagenheim)
10. Celui qui monte (Marie-Thérèse Orain, musique : G. Wagenheim)
11. Le gros Mimi (Marie-Thérèse Orain, musique : B. Dimey)
12. C’est là que j’ai grandi (Mouloudji, musique : G. Wagenheim)

Orchestre dirigé par Gaby Wagenheim


mercredi 17 décembre 2014

— Si mon champ te dit…
— Mais…



En exclusivité intersidérale grâce à l'ami Perrache, qui se garde des lions (hem…) mais a dû transpirer sang et eau pour parvenir à numériser ce vinyle rarissime !

Pour en finir…



Un grand classique de la radio rediffusé tout récemment dans les Nuits de France Culture.
La présentation dithyrambique de Christine Goémé vaut son pesant de cacahuètes…

lundi 15 décembre 2014

On déballe tout ou on se déballonne ? (23)



Après réflexion, ce récit a été supprimé pour des raisons complètement personnelles.

samedi 13 décembre 2014

Modeste proposition


… pour empêcher les enfants des pauvres en Irlande d’être à charge à leurs parents ou à leur pays et pour les rendre utiles au public.


Cet épatant texte de Jonathan Swift pouvait s'entendre cette nuit sur France Culture, dans une rediffusion de la lecture de Judith Magre du 2 avril 1984 (dans la traduction de Léon de Wailly de 1859, merci à Tom de nous l'avoir précisé en commentaire !)).

vendredi 12 décembre 2014

On déballe tout ou on se déballonne ? (22)



Spinoza, Éthique, partie IV, dans la traduction de Bernard Pautrat publiée aux éditions du Seuil :

Proposition XV :
N'importe quelle chose peut être par accident cause de Joie, de Tristesse ou de Désir.
Corollaire :
Du seul fait d'avoir contemplé une chose avec un affect de Joie ou bien de Tristesse dont elle n'est pas la cause efficiente, nous pouvons l'aimer ou l'avoir en haine.


Proposition XXVII :
De ce que nous imaginons une chose semblable à nous, et que nous n'avons poursuivie d'aucun affect, affectée d'un certain affect, nous sommes par là-même affectés d'un affect semblable.

Proposition XLI :
Si quelqu'un imagine être aimé de quelqu'un, et croit n'avoir donné aucune raison pour cela, il l'aimera en retour.



Tiens, j'ai retrouvé ce passage d'une lettre que je lui avais écrite à l'époque, à cette amoureuse-là (Foutredieu ! j'étais pas si manchot avec ma plume, en ces temps reculés…) :

Un mot pour toi, pour chacune de ces heures, de ces journées de printemps prometteur, Prométhée fort et fier, qui te sont entièrement dédiées au long de ces rues si connues, inconnues, étonnantes, pavées de chemins de fer sous lesquels on prend un malin plaisir à passer — ces rails dont l'origine ignore le dessous. Ces rues comme les coulisses d'un théâtre dans les ténèbres desquelles tu aurais un peu peur, tu chercherais à respirer une présence rassurante, calmées par le soleil pâle dont la pâleur enivre d'espoir, ces rues désordonnent la ville de tous les jours — maintenant ce sont d'autres jours —, la fragmentent en morceaux d'autres villes parfois plus belles — je veux dire, dont la beauté n'attend pas ce soleil, jaillit tout de suite aux yeux qui désirent —, Rome ou Valence ou Narbonne, comme dans un tableau où tout d'un coup on entrerait se promener nonchalamment. Dans ces journées tournées vers l'achèvement, vers l'accomplissement, ces journées qui se sédimentent, immenses, vers l'imminence, les passants sont des chats paisibles, pas des chasseurs, qui sourient de leur regard perdu qui court à sa perte avec joie. Les arbres tendent leurs branches vers le ciel, réclament leurs feuilles, une pluie de feuilles multicolores qui viendra s'ajuster sur leur frêle armature d'oiseau, sur leur rêve de roseaux.
Ce soir il a fait froid soudain je n'ai plus eu envie de patienter, je voulais me gorger de l'accomplissement de ce qui n'était qu'esquissé, « mais rien, je n'avais rien » qu'un bourdonnement obstiné et obtus qui te nie, qui me tenaille, aïe ! Une sorte de condensation du silence, comme des absences de paroles accumulées sur une vitre-plafond, un silence extrême — mais qu'on aime, qu'on appelle même — prend forme dans l'étalement des soirées qui se perdent à force d'attente de.
Toi.
Les mots qu'on ne peut pas dire, parce qu'ils n'existent pas (d'avoir été tant attendus, tendu). Se dire : soi, ou des choses, comme des rideaux qui soudain se rabattent en sourcils froncés, en sardines mises en boîte.
Et sinon, ailleurs, des enclaves d'esclaves à n'en plus finir, à n'en plus finir de pleurer sur des airs de Bach.

Cette nuit il fait jour, je n'y comprend plus rien. Il y a un blanc d'argent qui pousse derrière l'immeuble…

Jouons du Dick, si on erre !…



L'un des derniers billets de l'ami John Warsen, consacré au groupe Ubik, nous a opportunément rappelé que notre musette recelait encore quelques brimborions radiophoniques ayant trait au Maître du Haut-Château :

Un Pour la littérature du 21 juillet 2008 entièrement consacré au roman Ubik, récupéré grâce aux bons soins de la liste ANPR






Et L'Atelier de la création du 25 juin dernier, « Les machines à illusions » :



Pour les précédents épisodes, voyez ici.

lundi 8 décembre 2014

C'est reparti ! (comment ?…)


Cette fois, c'est l'auteur en personne qui lit l'intégralité du roman, et s'entretient sur la dernière plage à propos d'icelui.


jeudi 4 décembre 2014

Genre « Oh, j'ai qu'aux cimes ! », hon ?



Début février 1970, Émile Noël recevait à France Culture Jean-Roger Caussimon pour trois volets successifs de l'émission Profils, les 2, 9 et 16 de ce mois-là.
1970, c'est justement l'année où l'artiste aux multiples facettes enregistrait son premier disque, après des décennies de cabaret et d'écriture de chansons pour d'autres.

Cette série vient d'être rediffusée les 20, 21 et 22 novembre dans les Nuits de la station, désormais réécoutables pendant mille jours. Soit, pour ce triptyque, jusqu'au 16 août 2017.





mercredi 3 décembre 2014

« Dans la Création, les hommes sont
les animaux les plus ignobles »
(Scutenaire)


video

Cette émission diffusée le 25 avril 1972 sur la RTBF provient de cette page, que je dois à l'ami Cheval Blanc de m'avoir opportunément signalée.

« Si les femmes n'existaient pas, je me pendrais tout de suite ! »

vendredi 14 novembre 2014

14



Un choix d'extraits lus par Dominique Pinon à la Maison de la Poésie de Paris le 16 mai dernier, diffusé sur France Culture mardi soir.
Dans ce récit très resserré, Echenoz réussit le tour de force d'embrasser la totalité des principaux aspects de cet enfer qui dura quatre interminables années : le départ fleur au fusil, le quotidien du soldat, avec le poids de son harnachement et les boîtes de singe, l'enlisement crasseux dans les tranchées, la vermine, les distributions de pinard euphorisant, la stupidité de la stratégie des autorités militaires, la conscience grandissante du casse-pipe, l'horreur des combats, l'avantage paradoxal des mutilations, les mutineries et les désertions suivies de cour martiale et d'exécutions, les planqués de l'arrière, etc.
Un tableau panoptique en 120 pages, impeccable comme à l'accoutumée.

Ce n'est qu'après cette lecture que j'ai pris conscience du goût prononcé et toujours jubilatoire d'Echenoz pour la figure du trio, ici comme dans Cherokee, Nous trois ou L'équipée malaise (dont le premier chapitre relate également la disparition d'un fiancé putatif par écrasement d'avion, ce qui permet de réduire le quatuor de départ à l'un des deux trios qui animent la suite du récit).

mercredi 12 novembre 2014

Un intéressant dialogue entre le Moine Bleu et George Weaver





L'émission à laquelle il est fait allusion est ici.

Quant au Moine Bleu, il est .

Mouèèèè…

Pourquoi ?

samedi 8 novembre 2014

Tubes à retardement


L'Anonyme historique de ce blogue nous a transmis ce qui suit, voici quelque temps déjà.



Il y a quelque temps, j'ai découvert que la chanson Mon Vieux était bien antérieure à la version de Daniel Guichard : les paroles ont été écrites en 1962 par une certaine Michelle Senlis, Jean Ferrat a composé la musique, et la chanson a été créée l'année suivante par un jeune interprète, Jean-Louis Stain : aucun succès. Un autre jeune chanteur, Jacques Boyer, l'enregistre également en 1963, sans plus de succès.

C'est dix ans plus tard que Daniel Guichard reprend cette chanson passée à peu près inaperçue (la connaissait-il, ou bien est-ce son producteur, Eddie Barclay, qui a eu cette bonne idée ?). Il en retouche légèrement le texte, pour le faire coller à sa propre histoire ; il transpose la tonalité, ce qui modifie notablement le climat de la musique ; et surtout il incarne les paroles d'une façon toute différente, par sa voix et par son interprétation subtile. Le pouvoir d'émotion de la chanson se révèle alors, dix ans après sa création. Pour mesurer la métamorphose qui s'est opérée, il faut naturellement comparer avec la version originale :



[Une version de meilleure qualité ici :]




Je trouve presque plus admirable d'arriver à faire une œuvre forte en partant d'une œuvre préexistante quelconque que de créer ex nihilo quelque chose de fort. Sentir qu'il y avait dans cette chanson une force restée latente, et parvenir à la libérer par quelques interventions judicieuses : chapeau bas !

Cet exemple donne à penser : combien de chansons apparemment insignifiantes n'ont en réalité pas trouvé l'interprète capable de les transcender ? Quand nous coupons la radio lorsque passe un morceau qui nous semble médiocre, qui nous dit qu'il ne recèle pas des qualités que nous sommes incapables de soupçonner ?
J'ai en tête un autre exemple du même type. On se souvient peut-être du succès que fut, en 1987, Il mio rifugio, la chanson de Richard Cocciante pour le film Tandem de Patrice Leconte. Leconte, je ne sais plus où (dans les commentaires du DVD ?), rend hommage à la belle "musique originale" que François Bernheim a composée pour lui ; ignore-t-il qu'en fait Bernheim s'était contenté de recycler une chanson qu'il avait écrite pour lui-même dans les années 70 ? On mesure aisément l'écart entre son interprétation, complètement tombée dans l'oubli (elle est repiquée d'un 45 tours qui gratte, cette fois), et ce que Cocciante a fait du titre :



vendredi 7 novembre 2014

Que fait la police ?


Rappel et appel : vidéo trouvée sue le site Paris-luttes.info :

jeudi 6 novembre 2014

Le Bars s'est barré



Encore un sale coup : l'avisé Matthieu Conquet, dans sa chronique matinale d'hier matin*, nous apprenait la disparition du compositeur Hugues Le Bars, hélas moins connu que Manitas de Plata, à l'âge de 64 ans.



« La chanson Te », de l'alboume Zinzin (1995) :



NB : La page de l'émission permet de réécouter Les Passagers de la Nuit du 11 mars 2011, dont l'invité était Hugues Le Bars.

mardi 4 novembre 2014

lundi 3 novembre 2014

Mensonges du spectacle, la preuve par l'image


Photo et texte publiés hier sur le site internet du Parisien Libéré :


Place Stalingrad (Paris), ce dimanche. Une manifestation sauvage en «hommage» à Rémi Fraisse dégénère. Plus de 70 interpellations ont déjà eu lieu.


17h55. La manif se disperse à Paris - Stalingrad. Les forces de l'ordre ont eu du mal à contenir la foule. Certains, très calme [sic], avaient rapidement quitté cette manifestation sauvage en marge du sit-in autorisé au Champ de Mars. D'autres, plus violents, ont parfois provoqué les CRS, les menaçant avec plusieurs sortes d'armes. Selon plusieurs journalistes sur place, la place Stalingrad est en train de se vider. Bilan : 66 interpellations et a priori, aucun blessé.

18h15. Fin de la manif sauvage : 78 interpellations, 16 gardes à vue. La place Stalingrad est désormais dégagée sans qu'aucun blessé ne soit a priori à déplorer. Dans ce quartier populaire du nord-est de la capitale, ils étaient près de 300 à dénoncer les violences policières et 78 ont été interpellés par les forces de l'ordre. Seize des interpellés ont été placés en garde à vue, trois pour port d'arme prohibé [sic] et treize pour participation à un attroupement en vue de commettre des violences, précise la préfecture de police de Paris.

19h45. Jean-Claude Mailly (FO) : «Pas acceptable». «Les actes de violences ne sont pas acceptables», a réagit [sic] le numéro de Force ouvrière Jean-Claude Mailly dimanche sur Europe 1, estimant que la «police républicaine fait son travail». «Ces casseurs - il faut les appeler comme cela, il n'y a pas d'autres mots - ce qui les mobilisait, ce n'était pas la question du barrage. Ils étaient là pour en découdre avec une agressivité vis-à-vis des forces de l'ordre», a ajouté Jean-Claude Mailly.


À propos d'« en découdre avec une agressivité » (!), justement, nous accordons pour notre part — nous qui n'avions rien contre un tantinet de riposte intelligente lorsqu'elle s'avère possible — un peu plus de crédit à l'excellent site Paris-Luttes.info, qui retrace le suivi de la manif sur cette page :

Et voilà une vidéo du moment ou les dangereux manifestants ont tenté de charger les pauvres policiers désarmés […]




Sur cette autre page, le même site publie ce Communiqué de l’Assemblée en lutte suite à la mort de Rémi Fraisse :

On peut dire que ce dimanche à Paris la répression policière a passé une étape...
Jeudi 30, l’assemblée suite à la mort de Rémi Fraisse ainsi que certaines organisations décident d’appeler à une manifestation le dimanche 2 novembre. Non seulement, la préfecture interdit cette manifestation mais elle descend au petit matin chez les deux personnes ayant déclaré la manifestation pour les impressionner, leur faire peur, les dissuader de continuer à organiser cette mobilisation. Sous la pression policière, les organisations se rétractent.
Le dimanche matin, une centaine de policiers quadrille la ville de Montreuil. Elle contrôle les métros et encercle un lieu d’activités sociales et d’organisation politique. Elle veut empêcher que les tracts et les banderoles arrivent à la manif. A 14h, une vingtaine de personnes sortent du lieu pour se rendre au départ de la manif. Ils sont contraints de cacher les tracts dans leurs pantalons. Ils sont tous arrêtés préventivement. Ils passeront cinq heures au commissariat.
Pendant ce temps-là, le 19e, le 20e et le 10e arrondissements sont quadrillés par des milliers de policiers qui contrôlent et fouillent à tours de bras. Malgré cela, plusieurs centaines de personnes bravent l’interdiction et parviennent à former un rassemblement. Quelques tentatives de départ en manifestation échoueront devant l’ampleur du dispositif policier. 140 arrestations ont lieu pour tout et n’importe quoi : distribution de tracts, port d’un casque de vélo… Ce soir à notre connaissance, au moins 18 personnes sont en garde à vue pour entre autre « attroupement non armé en vue de commettre des dégradations ».
On est arrêté et inculpé sur la base de supposition d’intention alors qu’eux viennent de tuer l’un des nôtres ?
Mais la répression ne s’arrête pas là. Le niveau de désinformation et de mensonge produit par le gouvernement et véhiculé par les médias vient couronner le tout. Alors qu’il n’a rien pu se passer à Paris, qu’il était très difficile de se réunir, que la police avait instauré un climat de peur, les articles de journaux parlent de débordements, reprenant tels quels les communiqués de la préfecture sans aucune autre source. En focalisant le débat sur la violence des manifestants, le gouvernement divise le mouvement et occulte la violence initiale, celle qui a tué Rémi, celle de la police qui tue et mutile quotidiennement. Vendredi à Blois, un jeune homme a perdu un œil suite à un tir de flashball. Samedi à Nantes, deux personnes ont été grièvement blessées au nez et à l’œil par des tirs de flashball.
Pour que la mobilisation continue, il nous faut sortir de la nasse militaire et médiatique dans laquelle on veut enfermer notre colère.

Soyons nombreux et nombreuses à venir largement à l’assemblée générale qui se tiendra ce mardi 4 novembre à la Parole Errante à 19h, 9 rue François Debergue, 93100 Montreuil

samedi 1 novembre 2014

Œuvres libres en musique

Un vinyle de luxe quasiment introuvable (PIM 1006), proposé sous le manteau à des amateurs coquins et fortunés, pressé en 1959 à 475 exemplaires — soi-disant à Boston ! — agrémenté d'un livret rose reproduisant des extraits du Cortège priapique d'Apollinaire et illustré de dessins proches du style de Cocteau.
Pas de plus de mentions que ça, et notamment aucune information sur les interprètes des textes : on risquait gros, à l'époque, pour ce genre de bagatelle


La pochette, sobre au possible :




Les extraits musicaux sont de Vivaldi, Couperin et Rameau sur la face A (textes d'Appollinaire [sic] et de Satyremont, pseudonyme de Benjamin Péret) et de Mozart, Bach et Haydn sur la face B (textes de Verlaine et de Pierre Louÿs).

J'adore le sens moral de Pierre Louÿs…

vendredi 31 octobre 2014

Bonjour Patachou



Le disque 25 cm de 1959 (Philips B 76.462 R), à ma connaissance jamais réédité.

Face A :
— Ça t'va bien
— Carmen
— Vous
— Ballade irlandaise ("Un oranger…")
— Gosses de Paris

Face B :
— Entre Pigalle et Blanche (Grand Prix du Concours International de la Chanson Française de Monaco 1958)
— La chose ("Les ratés de la bagatelle")
— Java des repentis
— L'amiral
— Les innocents



Pour de plus amples renseignements sur Patachou, on se reportera à ce billet des camarades de Dans l'herbe tendre.

jeudi 30 octobre 2014

Commencer à s'orienter dans l'archipel des livres, assez n'importe comment mais bon, on tâtonne comme on peut…







Boucler la boucle quatre à quatre



Un court texte du vaillant petit libraire, commande du Tenancier pour la publication ultra-restreinte (sept exemplaires !) d'un bulletin à parution aléatoire intitulé Jockey-Club de l'Apocalypse.
Seule contrainte : 1500 signes maximum.
Dérogation ici dès le premier (et pour l'instant unique) numéro, achevé d'imprimé en décembre 2013, puisque ce récit en compte le double.

En route en août vers le sud, harassé par les cahots de ma deuche et sans un liard en poche, je cherchais ce soir-là un hébergement, le temps d’une halte réparatrice.

Une amie m’avait fourni les coordonnées d’une certaine Ingrid, qui habitait une maisonnette au sud de Pertuis. Vite, d’une cabine téléphonique, j’ai appelé cette inconnue avant que le soir ne tombe ; elle a accepté de m’accueillir pour la nuit et m’a indiqué le chemin à suivre.
Peu avant d’arriver chez elle, j’ai remarqué une curiosité sur la route : un rond-point au centre duquel se dressait, non point une néo-sculpture immonde ou n’importe quoi comme on en voit partout, mais une petite maison traditionnelle, entièrement ceinte d’arbres protecteurs, et une légère fumée sortait du conduit de cheminée.

Comment diable quel taré avait pu avoir l’idée tordue de s’installer là ?

Ingrid avait préparé un délicieux repas. Nous dînions dehors sous un cerisier, et à un moment je lui ai demandé si elle connaissait la raison de cette aberration du rond-point. Son regard s’est fait songeur…

« Il s’appelle Roger. Je le connais bien parce qu’il me prenait souvent en stop, quand j’allais bosser à Pertuis, voici deux ans. À l’époque, le rond-point n’existait pas : sa maison se trouvait juste au croisement de deux petites routes. Et puis à force de me prendre en stop… go !, il m’a prise tout court… à moi ça m’a bien plu mais pas du tout à sa femme, qui s’est trissée fissa avec leurs deux gamins.

Moi, pour Roger, je n’étais qu’une passade : c’était sa femme qu’il aimait, mais elle n’a plus jamais voulu rien savoir de lui. Il s’est mis à déprimer sec, et à boire encore plus sec, au point qu’il s’est bientôt fait virer de son boulot.

Ça faisait déjà un moment qu’on avait cessé de fricoter (depuis le départ de sa femme, en fait, et puis entre-temps j’avais récupéré une bagnole) mais on se voyait tout de même de temps à autre : je m’arrêtais parfois lui faire un petit bonjour.

Et j’y étais, ce matin-là, quand les gars de la DDE sont venus sonner et lui ont expliqué que la modification du tracé routier allait amener sa maison pile-poil au centre du rond-point nouvellement décidé : à lui de choisir s’il voulait demeurer là ou bien déménager contre dédommagement… Son litron de Ricard, j’en avais bu un petit verre mais la bouteille était déjà vide à 11h30.

Après leur départ, il s’en est fallu de peu qu’il ne s’effondre en larmes — et c’est la toute dernière fois qu’on s’est embrassés.
Au final, Roger a décidé de rester. La DDE resserrait le rond-point autour de sa maison et lui-même s’arsouillait de plus en plus. Il a planté quelques arbres tout autour de sa baraque, tout de même : à peine s’il peut sortir sa voiture du garage !

Et puis lundi dernier, j’ai appris qu’il était gagné par un cancer généralisé… »

Le lendemain, je suis repassé devant (ou plutôt, autour) de la maison où Roger se mourait, et je me suis dit que tandis que je me baladais tranquille en deux-chevaux, lui il avait été terrassé par quatre fléaux…

mercredi 29 octobre 2014

Cap Canaveral



Lecture intégrale, sans aperçu préalable, de ce court récit de Grégoire Bouillier paru chez Allia en 2008, façonné en phrases hachées pour la plupart extrêmement brèves.
Pas pour toutes les oreilles.

Pas sûr de bien comprendre le sens du titre, soit dit en passant.

samedi 25 octobre 2014

« Rencontres » (retrouvailles) :
«  des forces sont en alerte  »



Douze plages de bonheur : l'alboume Rencontres de Marc Ogeret sorti en 1972 (Vogue SLD 839) et apparemment jamais réédité depuis, allez savoir pourquoi.
Je ne l'avais pas écouté depuis des années mais Claude Guillon m'a opportunément rappelé avant-hier qu'y figurait une version de When Johnny Comes Marching Home, dans une adaptation de Luc Bérimont.
Celui-ci signe les paroles de deux autres chansons sur cet alboume — les deux premières, Galice et J'ai rencontré la cinquantaine — ainsi qu'un émouvant texte reproduit en pochette intérieure, extrait d'une lettre manuscrite à Marc Ogeret :

Cher Marc,

[…] l'existence devrait être une fête : joie d'écrire, de chanter, de bouger. J'écris. Tu chantes. C'est la même chose. La vie m'est plus présente quand je t'entends chanter. C'est donc que tu chantes bien pour moi, pour mes oreilles et pour mon cœur, comme pour les milliers de personnes à qui, physiquement, tu apportes connaissance et plaisir.
Une sincérité, une authenticité, sont en toi. Elles font que le courant passe, que des forces sont en alerte.
Depuis plus de dix ans, je te regarde faire ton métier avec une précision, une relaxation, exemplaires. Parfois, tu as l'air de flâner. C'est faux. Simplement, tu es assuré d'avoir le temps pour toi, avec toi. Tu te ranges pour laisser passer les affairés du "tube", les champions du "hit-parade" — prompts à s'écraser sur l'obstacle. Toi, tu ne fais commerce de rien. Tu te contentes de chanter. En somme, tu es un individu fréquentable dans un milieu qui n'en compte pas beaucoup. Il ne convient pas de t'en féliciter — tu es comme ça, un point c'est tout. C'est pourtant cette façon d'être qui fait que tu es toi. Qui fait que je suis ton complice — dans l'amitié de ce qui nous est cher.

Face A
1 — Galice (Rosalia de Castro - Luc Bérimont — José Niza)
2 — J'ai rencontré la cinquantaine (Luc Bérimont - Lise Médini)
3 — Protestation (Jean l'Anselme - Michel Aubert)
4 — Ainsi Prague (Louis Aragon - Hélène Martin)
5 — La grille (Jean-Max Brua - Jean-François Gael)
6 — Johnny (Trad. - Arr. Michel Villard - Adapt. L. Bérimont)

Face B
1 — Le feu (Louis Aragon - Hélène Martin)
2 — Il faisait si beau ce matin (Louis Aragon - Jean-Paul Marchand)
3 — Passe-moi ma guitare (Michel Bazire)
4 — La forêt (Pierre Champion - Hélène Martin)
5 — Paris ma rose (Henri Gougaud)
6 — Général à vendre (Francis Blanche - Pierre Philippe)