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vendredi 31 mai 2013

Les Attaqués



Je les avais croisés complètement par hasard, égaré sur les pentes de Montmartre voici plus de douze ans, alors qu'ils jouaient dans un minuscule troquet. Leur musique siphonnait tous les curieux qui passaient à proximité.
On avait aussitôt sympathisé, on s'était revus à plusieurs reprises, souvent chez moi, à jouer joyeusement pour prolonger la nuit jusqu'à son cœur térébrant.

Et la dernière fois, ce fut dans une cave, vers le Sentier : un concert du feu du diable.
Ils s'apprêtaient à sortir leur premier album — une amie emballée en avait même soigné le graphisme — mais tout est parti d'un coup en embrouilles et en querelles d'ego, jusqu'au nom même du groupe qui fut remis en question, et rien n'a jamais surgi (à ma connaissance, du moins).
Dommage : ils avaient une sacrée pêche !

Et moi grrmblll, je ne me souviens même plus de leurs prénoms…




illustrations : lepasquebeau

Les débuts de Manchette (3)



Au même instant, les Versaillais ont enfin repris l'église Saint-Christophe, à la Villette, et ils marchent dans le sang, mais Pruitt n'en sait rien, il n'en saura jamais rien, la question ne présente pour lui aucun intérêt. C'est que Pruitt est assis sur le perron d'une vaste baraque croulante, en bois, à peu près au milieu de l'État du Texas, et il est occupé à nettoyer son arme, un Remington à simple action, dont la crosse de noyer est rayée et blanchie par les chocs, la sueur, le sable. Pruitt est un homme carré et robuste, la mâchoire solide mais les yeux étroits et le sourire un peu vicieux. Tel quel, il est fermement installé dans l'existence, il nettoie soigneusement son revolver.
Le vent léger fait crépiter un peu de poussière contre la toile dure des pantalons de Pruitt. Le vent n'atténue en aucune façon la chaleur. Il vient de loin, mais lentement il s'arrête ici et là dans la plaine de poussière et il y soulève de petits tourbillons rougeâtres, et il est très sec.*
Devant la baraque de bois sont affalés des chariots, des mules, des hommes. Les mules agitent parfois les oreilles. Les hommes somnolent sur le sol, se grattent, marmonnent des plaisanteries éculées. Leur visage est mort, vaincu, verni de crasse et de sueur séchée.
À une certaine distance de la baraque se trouve Potts. Un genou en terre, il examine le sol, il le tripote. Il ne regarde pas Harvey Huddleston, lequel pourtant, assis dans sa voiture, lui parle avec mépris.
— Je m'en fous, est en train de dire Huddleston. Je l'ai dit, je le redis. Pas de crédit !
Il est agacé par le silence de Potts. L'homme est un imbécile, qui arrive ruiné de sa Géorgie natale, achète une terre dont un nègre ne voudrait pas, et croit y faire pousser du coton. Huddleston n'est pas un imbécile. Il est le fournisseur des imbéciles. Il leur vend des outils pour faire des trous dans la poussière, des semences pour mettre dans les trous, des vivres pour attendre que quelque chose se décide à sortir de terre, mais ne sort et les imbéciles s'en vont, plus maigres qu'à l'arrivée, et quelquefois ils toussent, et ils finissent toujours par mourir quelque part dans le Nord, soit que leurs poumons les lâchent, soit qu'un cow-boy décide de faire un carton sur ces imbéciles, ces pauvres imbéciles, ces fermiers de merde. Ce n'est pas le problème de Huddleston. Il se contente de fournir et d'être payé.

Jean-Patrick Manchette, L'homme au boulet rouge (d'après un scénario de Barth Jules Sussman), Gallimard, 1972, coll. "Série Noire" n°1546, rééd. coll. "folio policier" n°444, 2006, pp. 21-23.

* Le thème du vent reviendra au début du dernier roman de Manchette publié de son vivant, La position du tireur couché.

Entre autres choses notables…

mercredi 29 mai 2013

Ôtez les faunes, que reste-t-il ?



Merci à Bob et Christian, animateurs sur Radio-Campus Paris de l'émission De À dada à Zouglou, pour m'avoir fait découvrir Rose Murphy par cette chanson, dimanche dernier.













Je suis preneur pour d'autres suggestions (hormis Le téléphone pleure, de grâce !)


(merci, M'sieu Pop !)


(merci, Florence !)


(merci, Carole !)

… et remerciements à PJB pour Memphis Tennessee, versions Chuck Berry et John Cale :





Grâce à Kamel :



Suggéré par PJB, appuyé par Carole :



Et toujours sur les conseils (d'ailleurs téléphoniques, mais pas chantés…) de PJB : Don't Let Me Hanging On The Telephone, de Blondie encore, dans sa propre interprétation puis dans celle des Nerves…





… et ce Telephone Thing, par The Fall (clip et version lailleve) :





et puis Vernon Reid, toujours via PJB :



Et merci à Carole, derechef, pour cette rareté (désolé, impossible pour l'instant de récupérer le code d'intégration).
Ah si, peut-être qu'en bidouillant un peu le code HTML… :



Une autre contribution de M'sieu Pop :



Et encore deux morceaux dégottés par Pop9 :





Grâce à Kamel, encore une fois :



De la part de Babeth, cette bluette déjantée que j'avais complètement oubliée depuis des lustres :



Une autre suggestion de Babeth :



Et puis toujours par le biais de Babeth, cette catastrophe musicale — sans doute la pire lie du répertoire de Christophe, qui semble en pincer à l'époque pour la princesse de Monaco :



Une trouvaille du Tenancier :



À propos de catastrophes musicales, cette aberration exhumée par Florence est particulièrement atterrante :



Voici la V.O. de Suzanne Fellini, bigotement affadie par Sheila :



Et du coup, depuis les suggestions IouTioube associées au morceau de Suzanne Fellini, je suis tombé sur ce truc qui sonne pas mal, même si je ne comprends rien aux paroles :



Ah, mais bon sang ! me revient soudain en mémoire ce tube abominable de 1977, en pleine vague féministe :



Et Babeth nous rappelle cet autre tube des années soixante-dix, absolument évident :

jeudi 23 mai 2013

Invitation à gamahucher...

… pour contrepètophiles débutants
(simple inversion de consonnes) :


Les amateurs de grilles pourront aussi exercer leurs talents sur celle-ci, concoctée en binôme l'an dernier à partir d'une proposition initiale de Georges Perec.

Salut l'artiste !

lundi 20 mai 2013

Un fil ténu d'il y a plus d'un demi-siècle…



Les environs de Fresnes (1952-1953) :



et le reste des enregistrements d'une époque où Debord allait de vingt à trente ans, de l'I.L. à l'I.S., bien avant l'ISBN (maintenant que l'I.S., quasi résumée au seul Debord, est à la B.N.), sauvegardés et restaurés grâce à l'inlassable énergie de Gérard Berréby — qui après avoir retrouvé un enregistrement puis s'être évertué à récupérer les quatre autres (trois dormaient dans une malle d'archives, dont un sur fil d'acier) fut à l'initiative du projet, avant de s'en faire brutalement spolier par la veuve abusive :

samedi 18 mai 2013

Quand ton père, un ami...






Marc Combaluzier (24 avril 1936 - 2 mai 2013),
amateur éclairé, touche-à-tout passionné, bricoleur aux doigts d'or, artiste discret, activement épris de tout ce qui peut réjouir les cinq sens — pour le plus grand plaisir de ses proches.

Une crème d'homme, un vrai.

jeudi 16 mai 2013

La position du tireur debout


Un Nuits magnétiques du 12 décembre 1996, trois mois après la publication posthume du chef d'œuvre inachevé de Manchette, La princesse du sang.
Cerise sur le gâteau, on y entend Donald Westlake (mais aussi des crétins, hélas !)

L'émission a été rediffusée sur France Culture en septembre dernier dans La nuit rêvée de Gérard Fromanger, et puis cette semaine, dans la nuit du 14 au 15 mai.



Les enregistrements d'entretiens avec Manchette (ou Westlake, d'ailleurs) sont rarissimes : ce serait bath de pouvoir entendre l'intégralité de ceux dont cette émission propose de trop brefs extraits…

Merci en tout cas à Mao, de la liste ANPR !

lundi 13 mai 2013

Chansons de saillie (une de plus)

Encore une chanson à fausses rimes, encore par les Charlots, mais cette fois tardive (1983) et parodiant le disco qui polluait ces années-là :


On peut lire les paroles ici.

jeudi 9 mai 2013

Militanticipateur


Lorsqu'on sait que Tolstoï s'adonnait volontiers aux contrepèteries, le titre de son chef d'œuvre (« guère épais », disait Proust) témoigne à l'évidence qu'il fut un fieffé partisan par anticipation de la loi sur le mariage pour tous…

samedi 4 mai 2013